Nous sommes partis à la rencontre du groupe vocal féminin La Mal Coiffée, pour leur poser quelques questions sur leur venue à Châteauroux dans le cadre de notre Festival. Elles nous dévoilent les secrets de leur engagement et leur programmation pour leur concert du dimanche soir !

Avec votre nouvelle création Rojas, vous déployez un « rouge-son » qui rend hommage aux luttes et aux résistances populaires. Pouvez-vous nous expliquer la signification et le message de ce titre et ce qui nourrit cette soif d’engagement dans votre musique aujourd’hui ?
« Rojas en occitan c’est rouges, au féminin pluriel parce que nous sommes 4 femmes et que cet album est le 3ème volet – d’une trilogie nommée ROGE (rouge). C’est dans cette couleur que Laurent Cavalié, notre auteur compositeur, trempe son pinceau pour partager ce qui est invisibilisé. Nous partageons nos regards et nos émotions face à ce monde dont nous faisons tous partie. Pour nous, chanter en occitan est à la fois intime et politique. Cette expression en langue minorisée nous amène à mieux conscientiser les inégalités, à nous intéresser aux alternatives réjouissantes d’autres manières de faire société, à être curieux de l’autre. »
Depuis plus de 20 ans, votre identité repose sur la force de la langue occitane, portée par vos voix et vos percussions. Comment réussissez-vous à rendre cet héritage traditionnel aussi vivant et accessible à tous les publics ?
« Nous constatons dans nos concerts, nos villages ou nos quartiers que les gens ont une grande envie de chanter ensemble, un besoin de se rassembler et souvent autour du répertoire occitan populaire d’aujourd’hui, même au delà de l’Occitanie.
Nous nous inscrivons, avec d’autres artistes, dans une dynamique de création en occitan, pétrie d’héritage culturel et très inventive. La création en occitan, musicale, audiovisuelle ou littéraire est foisonnante et porte et nourrit tous ses acteurs. Nous sentons qu’il y a comme un vide culturel, issu de l’écrasement des cultures et des langues régionales, que les gens ont besoin de combler.
La proposition d’une culture populaire hors des sentiers battus, loin de celle qui s’impose par la société de consommation qui est sans fondement, peut répondre aux attentes de tout le monde.
Nous chantons ce que nous sommes, c’est notre chance, notre liberté et une grande joie, c’est peut être ça la vivacité et l’accessibilité… »
Vous aurez l’honneur de clôturer cette 21ème édition du Festival de la Voix le dimanche soir. À quel type d’expérience et d’énergie le public castelroussin doit-il s’attendre pour ce grand final ?
« C’est parfois bien de se laisser surprendre et de ne s’attendre à rien de précis ! Dans le spectacle vivant comme dans la vie… Le public va entendre de la polyphonie de l’occitan, des femmes engagées sur un chemin poétique et percussif, des monocordes inventés par notre luthier poète, Marc Oriol….et d’autres choses encore qui nous dépassent nous espérons ! »